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Energies : les énergies renouvelables remises en question par la crise sanitaire ?

Avec la pandémie de Covid-19, les Pouvoirs publics se retrouvent face à une difficulté, le financement des énergies renouvelables. En effet, si les ressources diminuent, les besoins, eux, augmentent. Et plus le confinement sera long, plus la situation risque de s’aggraver.

Au budget de l’Etat, les finances qui soutiennent la production d’électricité renouvelable sont inscrites au compte d’affectation spéciale « Transition énergétique ». Le compte est en partie alimenté par les recettes de la TICPE (taxe sur les produits pétroliers) et la TICC (taxe sur le charbon). Or, à cause du confinement, la consommation de produits pétroliers s’effondre, entre 70 et 85 % de moins.

En conséquence, le budget rectificatif prévoit une moins-value d’un milliard d’€ sur les recettes des taxes sur les carburants, voire plus selon Gérald DARMANIN, Ministre des Comptes publics. Les éoliennes et panneaux solaires fonctionnent « à plein régime » puisque ces installations sont reliées de manière prioritaire sur le réseau de distribution d’électricité. Elles ne subissent pas la chute de la demande due au confinement et ne sont pas concernées non plus par l’effondrement des prix du marché de l’électricité (le prix du MW/h a chuté de 50 %). En effet, l’Etat va voir ses charges s’alourdir puisqu’il garantit le prix de rachat de l’électricité, grâce aux appels d’offres.

En 2019, le coût du soutien public aux énergies propres s’élevait à 5,315 milliards d’€. La Commission de régulation de l’énergie évoquait que la variation d’un euro à la baisse sur les marchés de gros de l’électricité coûte 50 millions d’€ à l’Etat.

Elisabeth BORNE, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, admet que la crise a un impact fort sur les recettes de la TICPE. Selon elle, un ajustement en loi de finances devra prendre en compte ces paramètres, sachant que le soutien aux énergies renouvelables doit être maintenu. Il est cependant évident que la crise sanitaire actuelle aura des répercussions sur les budgets publics.

Les pétroliers, acteurs des énergies renouvelables

Les compagnies pétrolières sont désormais acteurs dans le secteur des énergies renouvelables. Total veut devenir l’un des leaders mondiaux du solaire d’ici 2025, Shell continue d’investir dans l’éolien en mer, BP suivra une politique « verte » ambitieuse et Equinor est à la pointe concernant la capture et le stockage de CO2.

Ils font actuellement face à la chute historique du prix du baril consécutive à la crise sanitaire. Aussi ont-ils annoncé que leurs investissements seront réduits d’au moins 20 % cette année. Ce qui inquiète toute la filière des énergies renouvelables dont ils sont devenus, avec les énergéticiens, les grands financeurs. Certes, la part consacrée aux énergies renouvelables par ces magnats du pétrole est minoritaire mais au regard de leurs budgets, elle est tout de même conséquente : entre 1,5 et 2 milliards d’€ par an pour Total, entre 2 et 3 milliards d’€ pour Shell.

L’inquiétude est de mise car lors des crises précédentes, afin de protéger les bénéfices des compagnies pétrolières, les énergies renouvelables ont été sacrifiées. Mais cette fois, ce pourrait être différent. En effet, Patrick POUYANNE, PDG de Total, a déclaré que « les renouvelables ne seraient pas affectées par la réduction des dépenses d’investissement, ni d’ailleurs par le gel des embauches décidé pour l’ensemble du groupe ». Le budget de 1,5 à 2 milliards d’€ pour les nouvelles énergies sera utilisé. « Le retour sur investissement de projets dans les renouvelables n’est pas forcément moins intéressant que dans certains projets pétroliers lorsque le prix du baril est à 30 dollars comme c’est le cas actuellement », a-t-il relevé.

Ben VAN BEURDEN, PDG de Shell, a annoncé une stratégie sur le long terme de réduction des émissions de CO2 du groupe et BP a réaffirmé son ambition.

L’analyste du Cabinet Wood Mackenzie, Luke PARKER, explique que la chute des cours du brut est une preuve de la volatilité des marchés pétroliers, contrairement aux renouvelables, et que les investissements y sont plus risqués. L’enjeu pour les groupes pétroliers est d’attirer les investisseurs pour les cinq prochaines années. En Assemblée Générale de Total, les actionnaires ont mis la pression pour que le groupe revoit ses ambitions d’émissions de CO2.

Source : Les Echos 20.04.2020

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